Régiment du Service Militaire Adapté de La Réunion
Le Génie

Le Génie est depuis 40 ans une composante importante des unités du service militaire adapté, permettant chantiers et formation dans les métiers du bâtiment et des travaux publics. Son histoire outre-mer «s'insère» tout naturellement dans celle des Troupes de Marine. On peut ainsi lire sur les drapeaux des régiments du Génie, les inscriptions comme Constantine, Sébastopol, Extrême-Orient, Madagascar, Maroc, Tunisie, Algérie…

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Tout commence sous le règne d'Henri_IV, en l'an 1542 avec la création de la surintendance des fortifications comprenant tous les ingénieurs du Roy. Mais c'est un peu plus tard (1690), que le Maréchal VAUBAN crée le Corps des Ingénieurs militaires et pour lequel il est considéré comme le fondateur du Génie français. Ce corps deviendra en 1776 par l'ordonnance du 31 décembre le Corps Royal du Génie, qui va jouer un rôle important tant en France qu'à l'extérieur.

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Dans le cadre de l'expansion coloniale au XIXème siècle, que ce soit sur le continent africain, à Madagascar, ou en Extrême-Orient, l'action du Génie est caractérisée par un double rôle :

- La participation aux opérations militaires durant la conquête,

- La coopération à l'équipement et à la mise en valeur des territoires conquis lors des phases de pacification.

Cela s'est traduit par des milliers de kilomètres de voies de communication (routières et ferroviaires), par des centaines d'ouvrages d'art, par la réalisation de bâtiments administratifs, d'hôpitaux, de casernes, de fortifications, de grands travaux d'irrigations, de barrages, d'assainissement, que ce soit en Afrique Occidentale (AOF) et équatoriale (AEF) française, à Madagascar, en Chine ou en Indochine. C'est ainsi que le capitaine JOFFRE se distingue en 1885 auprès de l'amiral COURBET en organisant les défenses de la baie de Formose, puis lors de la conquête du Tonkin. La même année, le sergent BOBILLOT du 4e Régiment du Génie offre l'épisode le plus célèbre de l'épopée de l'Arme du Génie en défendant héroïquement Tyuen-Quan en Indochine.

Dix ans plus tard, le Génie participe à la conquête de Madagascar notamment en se consacrant aux travaux gigantesques de la construction de la piste de Majunga-Tananarive qui permettra le succès des opérations. On y trouve dans ses rangs le futur général et ministre de la Guerre, le commandant ROQUES, sapeur de chemin de fer qui étudiera le projet de voie ferrée entre Tamatave et Tananarive. Le colonel JOFFRE, appelé par le Général GALLIENI, quitte Tombouctou pour organiser le point d'appui de la flotte de Diego-Suarez .

L'année 1900 voit la participation des sapeurs pour la pacification et l'organisation de l'Afrique du Nord, notamment en ouvrant des voies ferrées et de communications routières. Les sapeurs télégraphistes quant à eux réaliseront plus de 500.000 km de lignes télégraphiques ou téléphoniques durant cette période ; ils en feront de même au Levant, en Chine, en Indochine, et au Tonkin. L'empire colonial français, le développement du chemin de fer et l'apparition de nouvelles techniques comme la télégraphie, l'aéronautique, feront que le Génie aura vu croître depuis 1871 de manière significative ses unités et leur emploi dans l'hexagone comme outre-mer.

Lors de la deuxième guerre mondiale, c'est depuis Bir-Hakeim que le Génie, commandé par le général DROMARD, «ouvre la route» à la victoire, en Tunisie, en Italie puis en France. Les sapeurs télégraphistes quittent l'arme du Génie en 1942, à la création de l'arme des Transmissions.

De 1946 à 1954, le Génie prend une part essentielle à la guerre en Indochine, où le climat et le terrain sont de redoutables adversaires. D'autres unités participent aux opérations à Madagascar, puis c'est la Tunisie et le Maroc.

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De 1954 à 1962, la quasi-totalité des unités du Génie appuie les forces en Algérie et ce dans les missions les plus diverses : unités de combat, de réduction de grottes, parachutistes, de travaux (routiers, voies ferrées, souterrains, constructions, épuration d'eau, électromécaniciens…) mais aussi unités du Génie de l'Air, d'acconage et du Service des travaux du Génie.

Depuis, les sapeurs ont été présents outre-mer partout où les forces françaises ont été engagées, tant dans des missions de coopération, d'assistance militaire, de réalisation d'infrastructures (Mururoa, Hao dans le Pacifique, au Tchad, en République Centrafricaine, Djibouti, Rwanda, etc…) et plus particulièrement dans des actions de déminage voire même de formation au déminage humanitaire (Liban, Cambodge...).

Aujourd'hui, le Génie regroupe 20 000_hommes. Au travers de ses 3 composantes (combat, sécurité, infrastructure), le génie est toujours aussi présent outre-mer, au Tchad, au Liban, à Djibouti, en Côte d'Ivoire mais également dans tous les DOM-TOM, notamment au sein des unités du Service Militaire Adapté.

La combinaison du savoir militaire et technique du sapeur lui permet de s'adapter rapidement en tout lieu aux différentes situations tactiques et aux évolutions techniques, selon la devise :

« Parfois détruire, souvent construire, toujours servir » !

Sainte-Barbe, sainte patronne des sapeurs est fêtée chaque année dans les unités du Génie.

Fille du riche et voluptueux Dioscore, elle naquit près de Nicomédie, province de Bithynie en Asie mineure.

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Vers l'an 230, son père partant en expédition l'enferma dans une tour afin, dit la légende, « de soustraire sa beauté resplendissante aux assiduités de quelques jeunes seigneurs ».

A son retour, Dioscore, païen jaloux, retrouva sa fille convertie au Christianisme.

Désespérant de vaincre sa résistance, bien qu'elle n'eut que 16 ans, il la traduisit devant Marcien, gouverneur de la Bithynie.

Il commanda qu'elle fût « dépouillée, toute nue, meurtrie à coups de nerfs de bœuf, déchirée avec des ongles de fer, à avoir les seins coupés et à être ignominieusement promenée toute nue par la ville de Nicomédie ».

Devant sa constance, Dioscore requit contre elle un arrêt de mort. Il s'offrit pour être lui-même le bourreau et son bras trancha la tête de Barbe.

C'est alors que, s'en retournant à la Cour triomphant et fier de son zèle à servir les idoles de l'état, il fut, « par le ciel, frappé d'un coup de foudre qui mit son corps en cendres et précipita son âme maudite dans le fond des enfers, pour enrager avec les démons ».

Plus tard, le corps de Sainte-Barbe fut exhumé solennellement et ses reliques transportées en divers pays.

Le culte de la martyre a été florissant dès le IVème siècle. Par son geste vengeur, elle s'était révélée Puissance du feu ; aussi était-il naturel que, dès l'apparition de la poudre, Sainte-Barbe ait été invoquée par tous ceux qui maniaient les nouveaux engins : salpétriers, bombardiers, canonniers et même arbalétriers, honorèrent la Sainte, la choisirent comme patronne et de son effigie, illustrèrent leurs étendards. Les siècles ont passé, la tradition persiste.

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