Régiment du Service Militaire Adapté de La Réunion
Le SMA

Le Service Militaire Adapté

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En 1960, à la suite de troubles survenus aux Antilles, avec une jeunesse nombreuse, inactive et délaissée, en congé budgétaire, c'est-à-dire n'effectuant pas son service militaire, un chômage endémique et l'absence d'infrastructures économiques, la France prend conscience du danger de déstabilisation qui menace ses départements d'outre-mer.

Michel Debre

C'est ainsi, que parmi les mesures prises, le Service Militaire Adapté est créé le 21 décembre 1960, à l'initiative de Michel DEBRE, alors Premier ministre, et sous l'impulsion du général NEMO, commandant supérieur des forces armées aux Antilles-Guyane.

Le Régiment Mixte des Antilles-Guyane (RMAG) est créé, comprenant un groupement dans chacun des départements de la Martinique et de la Guadeloupe et deux en Guyane, avec près de 1800 personnels dont 1200 recrues locales.

Après un septicisme initial, fort de ses premiers résultats, le RMAG fait l'unanimité, et par arrêté interministériel du 25 mai 1964, est remplacé par 4 bataillons faisant corps, avec augmentation des effectifs.

Ce dispositif innovant permet d'encadrer cette jeunesse désoeuvrée, en mettant fin au congé budgétaire, en lui donnant une formation professionnelle, civique et morale. Il favorise l'essor économique de ces départements, en participant à des travaux au profit de la collectivité.

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Le SMA représente également une capacité d'intervention, le plus souvent à la suite de séismes ou de cyclones, dans le département d'appartenance, mais aussi dans toute la région. Le ministère en charge de l'outre-mer se voit confier le SMA, le ministère de la défense mettant à disposition l'encadrement nécessaire pour son fonctionnement.

La réussite du SMA dans les Antilles Guyane va donner l'idée d'étendre ce concept à La Réunion. C'est ainsi que l'aventure du 4e RSMA à La Réunion, va commencer à partir de 1965.

Puis différents rapports et inspections expliquent que le 15 janvier 1982 un comité tenu à Matignon, décide non seulement le maintien et l'augmentation dans les DOM mais aussi son extension dans les territoires d'outre-mer (TOM) à travers un nouveau plan de développement des DOM-TOM.

Le premier TOM concerné sera la Nouvelle-Calédonie. La décision interministérielle de création d'un détachement du SMA en Nouvelle-Calédonie est signée le 18 septembre 1984. Il s'installe à Koumac où il termine sa montée en puissance le 1er avril 1988.

Cette même année est créée à Mayotte l'unité du SMA dépendant du 4e RSMA de La Réunion. La particularité de Mayotte réside dans le fait que le service militaire ne s'y applique pas. Le SMA repose donc sur le volontariat. La montée en puissance de l'USMA se concrétise par un changement de statut le 10 avril 1996 (l'USMA forme corps), et le 10 décembre 1999 où l'USMA devient groupement (GSMA).

L'arrivée du SMA dans le Pacifique intervient également à un moment où des mécontentements se font jour dans ces territoires. Ainsi, le 1er mars 1989, le détachement de Polynésie française est créé à Hiva Oa, aux Iles Marquises.

Le 1er août 1995, il prend l'appellation de Groupement de Service Militaire Adapté de Polynésie française (GSMA PF) ; il comprend les détachements des Iles Marquises (Hiva Oa) et des Iles Tuamotu (Hao) ainsi qu'une section de commandement à Papeete. En 1996, le GSMA PF continue sa montée en puissance avec l'installation d'un détachement à Tubuai.

Enfin, le 17 août 1995, un détachement du SMA. est créé en métropole (Périgueux). Ce centre de formation est destiné aux appelés des départements d'outre-mer qui, à l'issue de leur formation militaire initiale dans leur département d'origine, reçoivent une formation professionnelle qualifiante dans les filières tourisme et électricien d'équipement.

Pour diriger un service militaire adapté de par le monde, un commandement du SMA est créé au sein du ministère de l'outre-mer à Paris, le 30 septembre 1991. Ce commandement est sous la double tutelle du ministère de la défense pour la formation militaire et l'emploi dans le cadre des plans de défense et de protection, et du ministère de l'outre-mer pour la formation professionnelle et les travaux à confier aux unités du SMA.

L'arrêté interministériel du 30 septembre 1991 portant mission et organisation du SMA (complété le 12 août 1996 pour inclure Périgueux), précédé du décret n° 91-1000 relatif au commandement du service militaire adapté, constituent les deux textes juridiquement fondateurs du Service Militaire Adapté.

Avec la fin de la conscription décidée en 1997, il s'est légitiment posé la question du maintien du SMA. Après notamment l'avis des élus locaux et du conseil économique et social, il est décidé son maintien et son inscription dans le code du service national. Il s'agit de la loi n°97-1019 du 28 septembre 1997 portant réforme du service national qui dans son article 5 instaure un titre III bis stipulant au 5ème alinéa que « Les volontaires peuvent servir dans les départements territoires et collectivités d'outre-mer au titre du service militaire adapté. Ceux qui sont nés ou ont leur résidence habituelle dans les départements, territoires et collectivités territoriales d'outre-mer peuvent demander à recevoir une formation professionnelle. Ils servent alors en tant que stagiaire du service militaire adapté ».

L'année 2001 verra ainsi le départ des derniers appelés. C'est l'opportunité de choisir non pas les meilleurs, mais ceux en situation d'échec scolaire, en difficulté sociale, qui ont un réel besoin de resocialisation et de formation.

Cette évolution forte, représentée par le passage d'une population d'appelés à une population de volontaires, a conduit le SMA à une véritable mutation. Ce sont la transformation de l'organisation générale et des infrastructures en centre de formation professionnelle dans un cadre militaire, une orientation plus forte de l'encadrement sur des compétences plus affirmées en matière de formation professionnelle, et le remplacement des chantiers de développement par des chantiers d'application.

Le SMA, c'est également un impact significatif, avec notamment de multiples chantiers, une participation à la lutte contre l'illettrisme, une insertion socio-professionnelle réussie de jeunes garçons et filles, et un acteur fort du lien armée/nation. Un conseil de perfectionnement par département ou territoire d'outremer présente un bilan annuel et propose les évolutions en matière de formation professionnelle, tandis qu'un plan de campagne précise les chantiers retenus au profit de chaque région.

Le Service Militaire Adapté, c'est ainsi la réussite d'une aventure humaine au profit de la citoyenneté, reposant sur le mode opératoire suivant : éducation citoyenne, formation et insertion.

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