Régiment du Service Militaire Adapté de La Réunion
Les Troupes de la Marine

Les troupes de marine

Le Service Militaire Adapté (SMA) relève du ministère de l'Outre-Mer, les unités étant rattachées aux troupes de marine de l'Armée de Terre, dont voici un bref historique :

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Historique

La création des troupes de marine répond au besoin, apparu au début du 17ème siècle, de disposer d'une force pour explorer, occuper, mettre en valeur, et défendre les territoires que la France commençait à conquérir en outre-mer. En 1622, le cardinal de Richelieu crée les cent compagnies ordinaires de la mer, qui deviennent le régiment « La Marine », en 1626. Au fur et à mesure de l'extension du domaine colonial, d'autres régiments voient le jour : le régiment des Isles, des Navires et le régiment Royal des Vaisseaux.

En 1683, les unités sont réorganisées en 80 compagnies franches d'infanterie pour l'outre-mer (notamment le Canada), et, en 1692, en compagnies de bombardiers de la Marine pour la défense des grands ports dont ils prennent le nom (Brest, Cherbourg, Rochefort, Toulon, Marseille, Bayonne, Saint-Malo et Bordeaux), et pour le service de l'artillerie des bâtiments. Au milieu du 18ème siècle, les premières troupes indigènes sont recrutées : d'abord les Cipayes aux Indes (en 1750), puis les Laptots de Gorée au Sénégal (en 1765).

Sous la Révolution française, une dizaine de régiments de la Marine deviennent des régiments d'infanterie.

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La véritable fondation des troupes de marine est instituée par l'ordonnance du 14 mai 1831, qui voit la création des 1er et 2ème Régiments d'Infanterie de Marine (RIM), destinés au service ordinaire des garnisons des colonies françaises.

Avec le développement de son domaine colonial, la France, au milieu du 19ème siècle, compte 4 régiments d'infanterie de marine, regroupant 120 compagnies et un régiment d'artillerie de marine à 27 compagnies.

En 1856, l'infanterie de marine abandonne définitivement le service des armes de bord aux marins.

Le 14 août 1861, un décret réorganise l'artillerie de la marine qui prend le nom de Corps d'Artillerie de la Marine et des Colonies. Tout au long du 19ème siècle, l'infanterie et l'artillerie de marine participent à toutes les expéditions outre-mer (Mexique, Chine, Crimée…) et à toutes les conquêtes qui se multiplient (Algérie, Indochine, Afrique, Madagascar, Polynésie, Nouvelle Calédonie).

En 1870, pour la première fois de leur histoire, marsouins et bigors sont groupés pour prendre part à la lutte au sein d'une même division, surnommée "la division bleue", sous les ordres du général de Vassoigne. Elle écrit alors une des plus glorieuses pages de l'armée française, à Bazeilles, les 31 août et 1er septembre 1870.

Après la guerre de 1870 commence l'épopée coloniale de la IIIème République avec le Sénégal, l'Indochine, le Soudan, Madagascar, l'Afrique Occidentale, puis l'Afrique Centrale. Par la loi du 7 juillet 1900, les troupes de la Marine deviennent des troupes coloniales.

Lors du premier conflit mondial, celles-ci participent à la défense du territoire national (batailles des Frontières en 1914, de Champagne, de la Somme et du Chemin des Dames en 1917, et de Saint-Mihiel en 1918), et à des expéditions (Dardanelles, Balkans, Sibérie…) par la mise sur pied de plus de sept divisions. Ce conflit voit l'engagement pour la première fois sur le sol métropolitain de bataillons de tirailleurs indigènes. 25 000 d'entre eux auront donné leur vie. La guerre à peine terminée, il faut combattre autour de la Méditerranée, au Levant puis au Maroc (campagne du Rif).

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La Seconde Guerre mondiale voit, après la défaite de 1940 et ses déchirements, les troupes coloniales de tout l'Empire participer activement à la reconquête de la métropole au sein des différentes divisions de la France Libre (1erDFL, 9eDIC…), tout en continuant à assurer la défense des colonies.

À la fin des guerres de décolonisation (Indochine, Algérie), où les troupes coloniales prennent une part importante, ces dernières deviennent troupes d'outre-mer en 1958, puis troupes de marine en 1961. Enfin, la loi du 20 décembre 1967 fusionne en une arme unique des troupes de marine, son corps de télégraphistes, mais aussi l'infanterie et l'artillerie de marine.

Depuis, les régiments « TDM » ont été et sont encore sur toutes les opérations extérieures dans laquelle la France prend part (Tchad, République Centrafricaine, Liban, Guerre du Golfe, Rwanda, Ex-Yougoslavie, Afghanistan, Côte d'Ivoire…). Ils continuent à assurer, en parallèle, la présence française sur nos terres d'outre-mer, et participent au développement des armées des pays liés par accords de défense.

Aujourd'hui, les troupes de marine regroupent 18 000 hommes au sein d'unités d'infanterie, de cavalerie, d'artillerie et du SMA, stationnées en métropole ou outre-mer (18%).

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L'ANCRE D'OR : L'ancre de Marine, encablée dans le sens inverse de celle portée par les marins, est l'attribut de la « Coloniale ». Elle apparaît pour la première fois sur les uniformes du Corps Royal de la Marine, qui comprend les 8 régiments des ports, le 18 juin 1772.

LES EPERONS D'OR : Les cadres des troupes de marine s'enorgueillissent de pouvoir porter les éperons d'or. Cette autorisation aurait été demandée pour les troupes de marine par la reine Victoria, après l'affaire de Balaklava, le 6 novembre 1854. En réalité, les officiers portaient déjà les éperons de cuivre jaune dès la Restauration, car l'air marin s'attaquait plus difficilement à ces derniers qu'aux éperons blancs.

LA CRAVATE NOIRE : Comme pour le képi, la couleur noire de la cravate n'est pas un signe de deuil. Elle a été d'usage dans les équipages de la marine au 19ème et au début du 20ème siècle. Le descriptif de 1845 de l'uniforme des troupes de la marine fait état de la cravate en satin de soie noire. Conservée en 1900, cette cravate est supprimée provisoirement en 1915 (tenue bleu horizon). Aujourd'hui, la cravate noire est de règle.

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LES MARSOUINS : Lorsqu'en 1856, l'infanterie de la marine abandonne le service des armes du bord aux fusiliers marins, ses troupes n'en continuent pas moins de rejoindre leur garnison d'outre-mer à bord des navires de la marine de guerre. N'étant que passagers, ils n'aidaient plus à la manœuvre. Par raillerie, les matelots, les comparants aux cétacés qui suivent les vaisseaux, les auraient appelés « Marsouins ». C'est ainsi que naquit, avant de s'imposer, le surnom donné aux cadres et soldats de l'infanterie de marine.

LES BIGORS : L'origine de ce surnom, qui est né sans doute lui aussi dans les vaisseaux, est mal connu. On admet couramment que les matelots appelèrent ainsi les artilleurs de la marine, le jour où ils abandonnèrent le service des canons de bord au profit des batteries à terre. Alors fixé à son rocher, l'artilleur de marine devient le “bigorneau”, abrégé en "bigor". Certains auteurs voient dans le commandement “bigues (de)hors” qui précédait l'ouverture du feu des canons sous sabords, l'origine du surnom. Quoiqu'il en soit, l'artilleur de marine conserve pieusement cette appellation, qui le rattache à la longue tradition des artilleurs des vaisseaux.

"ET AU NOM DE DIEU, VIVE LA COLONIALE !", une expression que lancent Marsouins et Bigors, lors de toute cérémonie organisée pour fêter les évènements de l'Arme. Ce cri de guerre est le plus ancien de l'Armée française. Il trouve son origine en 1908, lorsque Charles de Foucauld, assiégé par des tribus rebelles depuis plusieurs semaines, vit arriver une colonne de secours composée d'une compagnie de coloniaux. Il tomba à genoux, les mains jointes, et lança au ciel cette prière : "Au nom de Dieu, vive la Coloniale !".

Chaque année, les Troupes de marine commémorent les combats de Bazeilles en lisant le récit officiel :

« 1870, la France est en guerre. Pour la première fois de leur histoire, Marsouins et Bigors sont groupés dans une même division, la division de Marine. Surnommée la « division bleue », elle est commandée par le Général de VASSOIGNE.


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Le 31 Août, la division de marine reçoit l’ordre de reprendre le village de Bazeilles, dont l’ennemi vient de s’emparer. La 2e brigade du général Martin des Pallières, formée des 2e et 3e régiments d’infanterie de la marine et de trois batteries du 1er régiment d’artillerie de la marine, lance son attaque et mène un combat acharné dans le village.

Elle est bientôt soutenue par la 1ère brigade, commandée par le général REBOUL et composée des 1er et 4e régiment d’infanterie de la marine. A la tombée de la nuit, Bazeilles est entièrement repris.


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Dès l’aube du 1er septembre, le 4e corps d’armée bavarois contre-attaque, appuyé par une puissante artillerie. Commence alors une lutte farouche, maison par maison, rue par rue. Se battant à un contre dix, éprouvés par la chaleur et la soif, la gorge brûlée par la fumée des incendies, écrasés sous les obus, les marsouins vont à deux reprises chasser l’ennemi du village. Tous témoignent de la même ardeur, du même mépris de la mort.

Mais vers 16H00, les munitions manquent et les défenseurs sont submergés par le flot ennemi. Quelques officiers et une trentaine de soldats, dont la plupart blessés, se retranchent alors dans une auberge, la maison Bourgerie. Pendant quatre heures, ils arrêtent la marche des assaillants et ne succombent qu’à bout de munitions.

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Telle est la glorieuse épopée de la « division bleue », qui lutta jusqu’à la dernière cartouche, et compta, au cours de ces deux tragiques journées, 2600 tués dans ses rangs. Quarante Bazeillais trouvèrent également la mort au cours des combats. »

Ce chant devenu traditionnel dans l'armée française a été créé en 1896. Ses paroles ont été écrites par le général Frey, qui commandait alors la 3e Brigade d'Infanterie de Marine à Rochefort (Charente Maritime).

Il a été mis en musique par Paul Cappé, chef de fanfare du 3e R.I.Ma., en garnison lui aussi à Rochefort. Très vite, il est devenu le chant de ralliement des troupes de marine (devenues troupes coloniales en 1900), dont il rappelle l'histoire récente et les missions, non sans accents revanchards.

Un remarquable témoin de la mentalité des Coloniaux à la veille de la Grande Guerre...

*****

Dans la bataille ou la tempête,
Au refrain de mâles chansons,
Notre âme, au danger toujours prête,
Brave la foudre et les canons.
Hommes de fer que rien ne lasse,
Nous regardons la mort en face,
Dans l'orage qui gronde ou le rude combat
Ah ! Ah !

Refrain (bis) :
Pour faire un soldat de marine,
Il faut avoir dans la poitrine
Le cœur d'un matelot et celui d'un soldat

Sois fier, soldat de Marine,
La victoire aime tes clairons
Et ton front bruni qui s'illumine
L'éclat des grandes actions,
Du Bosphore à la Martinique
Du Sénégal à la Baltique
On voit de ton drapeau resplendir les couleurs.
Ah ! Ah !

Refrain (bis) :
La gloire t'a pris sous son aile,
Car, à l'honneur toujours fidèle,
Tu meurs en combattant ou tu reviens vainqueur.

Quand la Prusse, inondant la France
Sur nous déchaînait ses fureurs,
A ses balles comme à ses lances,
Nous avons opposé nos cœurs.
Car quand rugissait la bataille,
Nos fronts meurtris par la mitraille,
Sanglants mais indomptés, défiaient nos vainqueurs.
Ah ! Ah !

Refrain (bis) :
A Bazeilles, La Cluze et Neuville,
En combattant cent contre mille,
Le succès nous trahit, mais nous gardions l'honneur.

Souvent, sous la zone torride,
La dent du tigre ou du lion,
La fièvre ou la balle homicide
Vient décimer nos bataillons.
Alors, vers la Mère-Patrie,
On voit, crispés par l'agonie,
Dans un suprême effort, nos regards se tourner.
Ah ! Ah !

Refrain (bis) :
Et notre regret unanime,
Chère France, ô pays sublime !
C'est de n'avoir pour toi qu'une vie à donner.

En Crimée, à chaque bataille,
Nous avons nous aussi pris part.
De Malakoff, sous la mitraille,
Nous escaladions les remparts.
A l'aspect de notre uniforme,
Que la poudre ou le fer déforme,
L'ennemi, pâlissant, bien des fois recula.
Ah ! Ah !

Refrain (bis) :
Et, sur notre front qui rayonne,
On peut voir la triple couronne
Des lauriers de Podor, d'Inkermann et d'Alma !

Un jour viendra, chère espérance,
Où l'ardent appel des clairons
Fera surgir, pour notre France,
Des vengeurs... et nous en serons.
Alors pour nous, oh ! quelles fêtes !
Nous donnerons des sœurs cadettes
Aux victoires d'Iéna, d'Auerstedt, de Stettin.
Ah ! Ah !

Refrain (bis) :
Oui nous aimons les saintes guerres.
Car le sang des héros, nos Pères,
Dans nos veines en feu, ne coule pas en vain.

Sans cesse prêts à tout combattre,
Vaillants soldats de nos grands ports,
Non, rien ne saurait vous abattre,
Vous qui ne comptez point vos morts !
Grâce à vos brillantes attaques,
Vous réduisez Chinois, Canaques,
A vous Madagascar, l'Annam et le Tonkin !
Ah ! Ah !

Refrain (bis) :
Aussi, le Ciel, sous sa coupole
Inscrit encore cette auréole :
Song-tay, Nouméa, Tamatave, Pékin !

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